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01 juin 2015

Nouveau mur ou nouvelle coopération européenne ?

Intervention d'Henri de Grossouvre au

dialogue franco-russe, 120 avenue des Champs Elysées - Paris

22 avril 2015 

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Avant de commencer je souhaite remercier le prince Alexandre Troubetzkoï, président exécutif du dialogue franco-russe et Denys Pluvinage, directeur de l’Institut franco-russe de m’avoir invité à intervenir ce soir. Je me réjouis de revoir des visages connus, je me réjouis aussi d’intervenir ici au dialogue franco-russe et de pouvoir discuter avec vous durant la deuxième partie de la soirée.

La crise de l’Union Européenne n’a jamais été aussi flagrante, crise économique, crise démocratique, crise politique, crise culturelle, crise existentielle même. « L’Europe ne sait plus ce qu’elle est ni ce qu’elle veut » s’inquiète Hubert Védrine. Cette union de vingt-huit membres et de 507 millions d’habitants est sur le papier la première puissance économique mondiale mais ne pèse pas sur la scène internationale. C’est sans doute là qu’il faut chercher la cause de l’absence de relations constructives avec la Russie. En théorie nous traitons d’une question strictement et exclusivement européenne : les pays de l’UE et la Russie, en pratique il ne vous a pas échappé que les Etats-Unis exercent un rôle déterminant sur ces deux parties de la grande Europe depuis la fin du XIXe siècle et depuis la première guerre mondiale. Quelle est aujourd’hui cette Europe, l’Europe de l’UE ? Y a-t-il d’autres Europe possibles ? quels sont les intérêts des Etats-Unis en Europe, sur le continent européen ? Coïncident-ils toujours avec nos intérêts propres et quelle politique de coopération aurions-nous intérêt de développer avec la Russie ? ce sont les questions auxquelles je vais essayer de répondre ce soir à l’heure où l’on parle de construire un nouveau mur pour diviser l’Europe quinze ans après la chute du communisme et de l’empire soviétique, quinze ans après la chute du mur de Berlin et du rideau de fer. Mais aussi à l’heure de l’espoir puisque des résistances de gauche et droite s’organisent. Résistances refusant la confrontation et l’instrumentalisation des deux Europe. Ces résistances, ces alternatives plus ou moins marginales mais cours de structuration en France, en Allemagne en Italie et dans les autres pays de l’Europe occidentale, sont déjà au pouvoir dans d’autres pays d’Europe centrale et des Balkans, en Grèce, en Serbie dans une certaine mesure, mais aussi en Hongrie.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale et malgré la parenthèse gaulliste l’Europe de l’Ouest n’est plus sujet mais objet des relations internationales, l’Europe centrale et orientale a été quant à elle sous tutelle soviétique jusqu’en 1990. Aujourd’hui le formidable espoir que représentait en 1990 la possibilité d’une réconciliation européenne de Brest à Vladivostok a été obscurci par la mise sous tutelle stratégique de l’ensemble des pays actuels de l’UE et par le remplacement de la possible renaissance d’un projet politique européen ambitieux par l’extension de l’OTAN aux portes de la Russie, source de confrontation et de division du continent. Souvenez-vous de la crise de Cuba en 1962, pour les Etats-Unis des missiles soviétiques à leur porte n’étaient pas acceptables et c’était tout à fait normal.

Quelle est la conception actuelle de l’Europe qui préside aux destinées de l’Union Européenne ? ...

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