Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08 septembre 2009

Les changements climatiques et la coopération EU-Russie en Arctique

5.jpgVendredi 4 septembre 2009, s'est tenu un débat avec Michel ROCARD sur les changements climatiques et la coopération UE-Russie en Arctique à l'Université de Strasbourg. Ce débat était proposé par Henri de Grossouvre, délégué général du Forum Carolus et par le professeur Eric Maulin (directeur de l'IHEE) en partenariat avec l'ITI-RI (représenté par M. Madjid Bouzar et madame Bianca Polo Del Vecchio), RETE-IHEE (représentée par M. Marcin Kulczyk), le Strasbourg Club International (présidé par M. Bouzar), le Consulat général de Russie à Strasbourg (M. Konstantin Klimovskiy), et l'association Rhin-Volga (notamment représentée par M. Herbert Wehr, membre du bureau et madame Vanessa Brosius).

Monsieur Michel Rocard, nommé par le Président Sarkozy Ambassadeur de France chargé des négociations internationales sur les pôles arctique et antarctique ainsi que Messieurs Wille (représentant permanent de la Norvège auprès du Conseil de l'Europe), Kapyrin (représentant adjoint de la Fédération de Russie auprès du Conseil de l'Europe) et Oldenburg (représentant permanent du Danemark auprès du Conseil de l'Europe) étaient invités. Le débat était animé par monsieur Henri de Grossouvre.

Contrairement à l'Antarctique qui a été déclaré "Terre de sciences et patrimoine commun de3.jpg l'humanité" et qui a fait l'objet d'accord internationaux, l'Arctique est sujet à bien des tensions et discordes. En effet, l'Arctique est ceinturé de près par cinq Etats: la Norvège, la Russie, le Groenland (représenté par le Danemark), le Canada et les Etats-Unis (Alaska).

Cette région du globe va devenir pour l'ensemble des Etats un espace d'importance primordiale dans un proche avenir pour au moins trois raisons:

-Elle recèle d'importantes réserves naturelles, en particulier en hydrocarbures (30% des ressources mondiales en gaz et 30% des réserves de pétrole sur la seule zone côtière russe), accessibles à partir des techniques actuelles.

1.jpg-Elle est en passe de devenir une voie de passage du transport maritime: la réduction de la surface de la banquise du fait du réchauffement climatique permet déjà de racourcir de plus de la moitié les liaisons Europe et Côte Est de l'Amérique. Ainsi pour aller de Londres à Tokyo, les bateaux peuvent réduire leur trajet de 5000 à 8000 km par rapport aux passages par le canal de Suez et le canal de Panama. "Il pourrait ainsi devenir rentable d'exporter le blé par bateau vers l'Asie" (Henri de Grossouvre) 

 -Elle va aussi, toujours avec la disparition de la banquise, voir affluer les flottes de pêche internationales à la poursuite des bancs de poissons qui remontent déjà vers les régions polaires.

L'Arctique est donc une zone du globe où les enjeux geopolitiques, environnementaux et4.jpg géostratégiques se posent avec le plus d'acuité et de manière contradictoire. D'une part, c'est un espace déjà affecté par le changement climatique et qui le subit avec des conséquences négatives: la fonte du pergélisol (sol toujours gelé en profondeur) qui fragilise les infrastructures sur toutes les terres circum-arctique, le réchauffement induit la diffusion de grosses quantités de méthane (gaz à effet de serre). Les zones de pêche sont modifiées en même temps que la circulation maritime est facilitée par la fonte des glaces.

L'exploitation de cet espace risque d'accentuer les effets du réchauffement à l'échelle de la région arctique tout entière. On sait par exemple que la fonte de l'inlandis groenlandais ferait remonter les eaux de 7 mètres partout dans le globe. Il y a donc pour les riverains de l'arctique (la Norvège,le Canada, l'Alaska, le Groenland, la Russie) une nécessité d'utiliser cet espace avec les plus grandes précautions.

Par ailleurs, cet espace aujourd'hui placé sous la coopération des pays qui l'entourent dans le cadre du Conseil Arctique (s'y rassemblent depuis 1996 les cinqs pays riverains, plus l'Islande, la Suède et la Finlande), va subir de plus en plus une pression internationale, tant pour l'accès à ses zones de pêche ou de transport maritime.

8.jpgLes membres du Conseil Arctique n'ont aucun intérêt à voir cet espace s'internationaliser, d'autant que sa configuration géographique tant terrestre (zone d'exclusivité de 200 milles marins) que sous-marine (extension du plateau continental), garanti aux pays riverains une quasi-exclusivité de son exploitation.

Même si monsieur Rocard a souligné la nécessité d'anticiper à travers une reglementation mondiale les questions de sécurité qui se poseront en matière de sécurité du transport maritime ou en matière de gestion des zones de pêche, les réponses des trois représentants de la Russie, de la Norvège et du Danemark ont bien montré la volonté des pays du Conseil Arctique de continuer à restreindre la coopération aux seuls pays riverains. Les réprésentants russe et norvégien se sont félicités de la qualité de la coopération russo-norvégienne dans l'Arctique.

Le débat s'est terminé par quelques questions du public de l'amphithéatre universitaire bondé. Monsieur Rocard a pris le temps de répondre à chacune de ces questions.

Le Forum Carolus et ses partenaires organisera prochainement une suite à la série de débats consacrée à la coopération UE-Russie.

Fiona Goerg, coordinatrice de projets au Forum Carolus.

Lire l'article sur le débat paru dans le JOURNAL L'ALSACE sous la plume de Michel ARNOULD 

7.jpg

Les commentaires sont fermés.