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22 mars 2009

Synthèse de la conférence-débat : "Le rôle des relations franco-allemandes dans l'avenir de l'intégration européenne"

Pour que l'Europe politique ne soit plus un horizon fuyant...

Jehan.jpgLa matinée, consacrée aux "Motifs de la relation des deux Etats, politique puissance, économie, institutions fédérales européennes", a mobilisé de nombreux fédéralistes européens de tous âges et de tous pays (France, Allemagne, Italie..), venus participer au débat organisé  le  samedi 7 mars à la Maison des Associations de Strasbourg par le Comité pour l'Etat Fédéral Européen, la revue politique The Federalist, European letter et la Fondation Mario e Valeria Albertini Un ensemble d'organisme et de personnalités acquises à une même cause : maintenir la paix n'est plus une ambition suffisante pour l'Europe; un changement de scénario au profit d'un système fédéral européen est nécessaire mais peine à être accepté.

Les principales interrogations ont porté sur les fondements et les perspectives du binôme franco-allemand, sur le rôle de ce couple "mythique"  pour l'avenir de l'intégration dans une Europe en crise, et sur la redéfinition du rôle des citoyens dans l'Europe de demain.

Klaus Schuman a d'abord procédé à une rétrospective historique sur le couple franco-allemand pour ensuite évoquer les perspectives d'avenir réelles pour ce "noyau dur" dans l'intégration européenne. Pour l'ancien Directeur général des affaires politiques au Conseil de l'Europe, l'avant-garde européenne a toujours été celle des zones de frontières, des couples fusionnels et des hommes témoins de l'histoire de leurs régions. Depuis l'ère Chirac/Schroeder qui avait débouché sur la création de l'Eurodistrict franco-allemand, l'Europe est en panne. L'époque des euroréalistes, vrais bâtisseurs de l'Europe, appartient-elle au passé? Pas si sûr...

Quelle colonne vertébrale pour l'Europe de demain?   

La logique de la dyarchie, telle qu'elle a été pensée jusque là, est-elle véritablement dépassée? comme l'affirme Frédéric Le Jéhan (Committee for a european federal State). Celui-ci déplore que les éléments de l'actualité franco-allemande soient presque toujours liés à la guerre. "L'après-guerre n'en finit plus de s'achever, et débouche depuis un certain temps déjà sur une relation de coopération transitoire entre les deux pays". Les coalitions se diversifient, on a pu le voir à travers  le revirement atlantiste récemment opéré par Nicolas Sarkozy, et rendent le renouvellement des ressorts du couple franco-allemand nécessaire, à la fois en terme politique, économique, et institutionnel. c'est-à-dire vers plus d'intégration, et à terme une fédéralisation.

L'Eurodistrict a un rôle majeur à jouer à moyen et à long terme, à condition que le bilinguisme devienne une priorité des deux côtés du Rhin...

La crise actuelle : une révolution dont on ne perçoit pas encore la réalité.

Le message porté par Alain Howiller, président de Fond'action Alsace et ancien rédacteur en chef des DNA,  a été quant à lui empreint trophee_HOWILLER.jpgd'optimisme sans toutefois se départir du réalisme nécessaire. Pour que le couple franco-allemand ne devienne pas le verrou de l'intégration, ce que craignaient dans le discours les précédents intervenants, il faut tirer les leçons de l'histoire, dire et redire que les réactions individuelles face à la crise ne sont pas plus porteuses aujourd'hui qu'hier.  Au delà d'une amitié ou d'un engagement moral, facteurs longtemps mis en avant pour le couple franco-allemand, les politiques nationales doivent aujourd'hui reposer sur l'existence d'intérêts communs car les partenariats concrets sont durables, ils valent mieux que les éternelles déclarations d'amitié. On compte aujourd'hui 400 eurodistricts en Europe; ces structures sont un moyen inédit, d'après Alain Howiller, de sortir des dilemmes d'antan et autres antécédents historiques en faisant prévaloir la philosophie de l'intérêt comme enjeu fondamental des relations internationales, tout en tenant compte du poids de l'histoire et des traditions spécifiques à chacun, évoquées lors de la conférence par David Schneider-Addae Mensah (Committee for a European Federal
State).

Si le cadre dans lequel le projet européen est né n'existe plus et si le couple franco-allemand n'est plus en mesure de porter à lui seul le projet, l'avenir du moteur franco-allemand n'est pas compromis par la crise, au contraire : le temps fort de la crise doit devenir le temps fort du binôme franco-allemand. La crise financière ne doit pas cacher la crise intellectuelle, idéologique et philosophique majeure qui la sous-tend. Elle est une occasion historique de refonder les bases d'un futur désormais articulé autour des intérêts et des citoyens. La crise, en nous obligeant à nous doter des moyens nécessaires pour la surmonter, peut faire émerger un nouveau paradigme, lié au changement des représentations. Les réflexions actuelles menées au sein même du fief du capitalisme, les Etas-Unis, sur un système renouvellé articulé autour de conceptions politiques plus régulatrices témoignent de cela. Cette revendication sociale en faveur du passage à une économie psychologique tenant compte avant tout du capital humain a été partagée par Petra Drevillon, avocate en droit allemand et partisane d'une Europe sociale, tournée vers la jeunesse, pour qui il faudra savoir mieux capter l'attention des jeunes pour mettre à la disposition de l'Europe leur puissance.  (Par la création d'une vrai lieu d'Europe à Strasbourg?).

L'Eurodistrict, le Traité de Lisbonne incluant la possibilité d'un référendum citoyen, et les élections européennes 2009 sont l'opportunité d'un choix fondamental : choisir ceux qui seront capables d'opérer le virage vers l'Europe sociale et favoriser la réappropriation de celle-ci par les citoyens, jugés souvent plus mûrs que les élites politiques et administratives sur ces questions. "Ils pourraient être les artisans d'une avant-garde fédérale franco-allemande..". Au sein de l'Eurodistrict en tout cas, à travers son conseil, Fançais et Allemands font désormais ensemble la majorité.

Les débats se sont ensuite poursuivis tout l'après-midi..

Clarisse Bargain

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