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31 janvier 2009

Le Patriarche Cyrille, Strasbourg et le Vatican...

Patriarche Cyrille.jpgCyrille de Smolensk et de Kaliningrad (photo de gauche) a été élu à la tête de l'église orthodoxe russe le mardi 27 janvier 2009. Il est le premier patriarche orthodoxe russe élu depuis la chute du communisme et la fin de l'Union soviétique en 1991. Il prendra ses fonctions demain, dimanche 1er février. Il était chef du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou depuis novembre 1989 et est perçu comme étant ouvert sur l'Occident et partisan d'un rapprochement avec Rome et les catholiques. Il est un intellectuel brillant et relativement jeune pour la fonction (62 ans). Il est connu internationalement et populaire en Russie où il anime une émission de télévision hebdomadaire à Moscou et a lancé le site Internet du Patriarcat. Il avait été nommé en 1971, dès l’âge de 25 ans représentant de l’Église orthodoxe russe au Conseil œcuménique des Églises.

Au sein du monde orthodoxe russe il est en revanche perçu comme étant trop libéral et trop proche de l'Occident. En l'an 2000, Cyrille a été le principal auteur d’un texte de l’Église orthodoxe russe sur la doctrine sociale du christianisme ; publié en français en 2006 aux éditions du Cerf.

Nous avions déjà attiré l'attention sur le rôle privilégié de Strasbourg pour les discussions en cours sur les rapprochements entre les Orthodoxes et les Catholiques (Lire l'article de Henri de Grossouvre: "Le choix des Russes: Strasbourg", paru dans "Rot un wiss / Vivre l'AlPere Philarete - Photo H de Grossouvre.JPGsace").

Depuis 2005, le père Philarète (photo de droite) est le représentant officiel du patriarcat de Moscou et de toutes les Russies auprès du Conseil de l'Europe à Strasbourg. Le représentant orthodoxe russe à Strasbourg est un émissaire de haut vol. Le père Philarète est recteur de la paroisse de la rue de Niederbronn à Strasbourg. Cette modeste chapelle a été aménagée dans un ancien garage alors qu'une demande d'autorisation de construction d'une plus grande église orthodoxe est engagée depuis plusieurs années auprès de la mairie de Strasbourg. Compte tenu de l'importance des relations avec la Russie pour Strasbourg et l'Europe en général, et compte tenu de la forte représentation de ressortissants orthodoxes à Strasbourg, ce projet serait amplement justifié.

Le mercredi 18 février à 18h à Strasbourg se tiendra une conférence publique sur "l'orthodoxie russe" en la paroisse orthodoxe russe de Tous les Saints, 4 rue de Niederbronn (près de la place de Haguenau, au coin de l'avenue des Vosges).

Cette conférence est ouverte au public et est organisée par l'Association Rhin-Volga. En voici le programme:

-Accueil par le Père Philarète, recteur de la paroisse et représentant du Patriarcat de Moscou auprès du Conseil de l'Europe.

-"Historique sur les origines de l'orthodoxie et ses différences par rapport au catholicisme" et "signification de l'iconostase et de la place de la liturgie dans la tradition orthodoxe" par le père Daniel, recteur de la paroisse francophone orthodoxe Saint Grégoire Palamas et Sainte Attale du Patriarcat de Moscou à Strasbourg.

-"L'influence de l'orthodoxie en Europe" par le professeur Alain Cormont, conférencier, chevalier du Grand Prieuré russe de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La chorale de la Paroisse de Tous les Saints interprétera quelques chants liturgiques.

Forum Carolus

 

29 janvier 2009

PROGRAMME "Grenzen Fliessen" à Ferette le 31 janvier 2009

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Concours historique "Grenzen fließen"

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JOURNÉE DE PRÉSENTATION A FERRETTE, 31 JANVIER 2009

Salle de l’Ancien Tribunal, 46 rue du Château, 68480 Ferrette

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21 janvier 2009

Invitation au concours "Grenzen Fliessen"

Concours historique "Grenzen fliessen"

INVITATION / EINLADUNG

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Le 31 janvier 2009 aura lieu en la ville de Ferrette (Haut-Rhin) la première présentation en terre d’Alsace du Concours historique "Grenzen fliessen". Elle est organisée conjointement par la Société Jeanne de Ferrette et le Comité d’Alsace pour l’Union Paneuropéenne. D’éminents historiens prendront la parole, parmi lesquels Monsieur Francis Rapp, membre de l’Institut et professeur émérite de l’Université de Strasbourg, Monsieur Jean-Claude Rebetez, conservateur des Archives de l’Ancien Evêché de Bâle à Porrentruy, Monsieur Christian Wilsdorf, directeur honoraire des Archives Départementales du Haut-Rhin à Colmar et Monsieur Thomas Zotz, professeur à l’Université de Fribourg en Brisgau. Cette manifestation rassemble des historiens de la région du Rhin supérieur, ainsi que des personnalités impliquées dans la coopération culturelle transfrontalière. Le Forum Carolus, la Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie d’Alsace, ainsi que la Paneuropaunion Vorarlberg sont partenaires de la journée de présentation. Nous espérons avoir la joie de vous compter parmi les nôtres et vous invitons chaleureusement à nous rejoindre à Ferrette, Samedi 31 janvier 2009 à 15 heures, dans la salle de l’Ancien Tribunal, 46 rue du Château, 68480 Ferrette.

Philippe Nuss
Vice-Président de l’Association Jeanne de Ferrette
Secrétaire Général du Comité d’Alsace de l’Union Paneuropéenne

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18 janvier 2009

Mais pourquoi l'Eurodistrict fait il si peur à madame Bollmann?

Le Forum Carolus prépare un livre collectif sur l'Eurodistrict et suit attentivement tous les événements et publications  traitant de ce projet. Les DNA du samedi 18 janvier 2009 annonçant une conférence de Pierre Hillard et Yvonne Bollmann sur l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau, nous nous sommes donc déplacés, en compagnie de Philippe Nuss (membre du conseil d'administration du Forum Carolus) sachant par ailleurs que madame Bollmann mène campagne contre le projet d'Eurodistrict et tente depuis plusieurs années de dévoiler le pangermanisme et l'impérialisme viscéral qu'elle croit déceler chez les dirigeants politiques d'Outre-Rhin, non pas chez les membres du NPD mais au sein des partis actuellement au pouvoir, à la SPD et à la CDU-CSU.

On pouvaient lire dans les DNA de samedi 18: "Eurodistrict, quels enjeux pour Strasbourg et l'Alsace?, à l'ISEG, 4 rue du Dôme, de 14h à 17h. Au programme "Eurodistrict, de quel histoire serait il le prolongement?", par François Bunner, président du RCR; "Eurodistricts aspects linguistiques" par Yvonne Bollmann, essayiste; "Influence de l'Allemagne dans les coopérations transfrontalières en Europe" par Pierre Hillard, professeur de relations internationales."

Initialement le débat devait avoir lieu rue du Dôme dans les locaux de l'école de commerce l'ISEG, mais en raison de pressions exercées sur la direction de l'école, nous ont expliqué les organisateurs, le débat s'est déroulé au deuxième étage du sympathique pub Dubliners. On nous a alors annoncé que Pierre HILLARD, en raison de ce changement, ne viendrait pas et avait préféré aller se promener dans Strasbourg.

Hillard Bollmann B.jpgCe débat était organisé par François BUNNER, président du Rassemblement des Citoyens pour la République. M. Bunner s'est présenté aux dernières élections législatives dans la deuxième circonscription du Bas-Rhin et a obtenu un score de 0,28 % (77 voix). Etaient également présents parmi les organisateurs, trois autres membres de ce parti souverainiste, Jean Freyburger, Thomas Lavarenne, enseignant de Physique-Chimie à Strasbourg et Christophe Bord, informaticien originaire de Wissembourg. Disons tout de suite que nous nous sommes retrouvés à 13 (soit 8 participants en dehors des quatre organisateurs du RCR et de l'intervenante). Qu'à cela ne tienne, "klein aber fein" espérions nous encore...

François Bunner (photo de gauche, au milieu Mme Bollmann, à droite, Pierre Hillard réapparu miraculeusement à 17h) est intervenu le premier pendant une dizaine de minutes. Il était visiblement ému Jacques Kotoujansky.jpget avait du mal à rassembler ses idées et nous  du mal à comprendre où il voulait en venir. Il considérait avec étonnement les quelques feuilles de notes étalées devant lui et préparées pour son intervention. Il a tout de même réussi a nous dire que l'Eurodistrict était un déni de l'histoire de l'Alsace et que les Alsaciens, dès le XVIIe siècle, étaient las de faire partie du Saint Empire et espéraient déjà se rattacher à la France et à la pérennité de ses institutions protectrices! Et M. Bunner de convoquer le Bundschuh alsacien comme preuve de cette francophilie naissante, certes, mais déjà sincère... François Bunner évoque ensuite la construction idéologique d'une langue alsacienne unique comme une instrumentalisation des régionalistes alors qu'historiquement, cette construction a été à l'inverse faite par les milieux nationalistes français anti-allemands à la veille de la guerre franco-allemande de 1870. Les régionalistes qui se penchés sur la question savent bien sur qu'il y a différents dialectes germaniques (alémaniques et franciques) parlés en Alsace mais qu'il n'y a pas de langue alsacienne homogène (voir notamment Eugène Philipps, "Les luttes linguistiques en Alsace jusqu'en 1945", Salde, Strasbourg 1975). Aujourd'hui encore, les hommes politiques alsaciens opposés au bilinguisme présentent justement l'Alsacien comme un dialecte homogène distinct de l'allemand. Robert Grossmann, l'ex-président de la CUS laissait souvent entendre que l'Alsacien n'a absolument rien à voir avec les dialectes d'Outre-Rhin et le Schriftdeutsch. Mais l'alsacien serait il donc un rameau oublié du provençal?

Mais François Bunner n'arrivant toujours pas à retrouver ses esprits, sans doute était il vidé par sa précédente fulgurance historique, un participant qui le connaissait, Jacques KOTOUJANSKY (photo de droite) médecin et ex-responsable pour l'Alsace du Mouvement pour la France, vola à son secours en proposant d'interrompre l'intervention de son camarade et de faire un tour de table de présentation des participants. Mon voisin, qui connaissait également M. Bunner pour s'être présenté sur une liste concurrente aux dernières élections suggéra qu'il avait du trop préparer son intervention et en était surement très fatigué. Vous remarquerez qu'il n'avait toujours pas été question du sujet annoncé, l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau. Jacques Kotoujansky fut la seule personne (avec bien sur votre serviteur du côté du public) à avoir plusieurs fois essayé, de manière constructive, de recentrer le débat sur le sujet annoncé: l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau.

A la fin du tour de table, François Bunner a brièvement repris la parole pour vite la transmettre à madame Bollmann. Cette dernière, fidèle à la thématique sur laquelle elle travaille depuis de nombreuses années, a commencé par longuement dénoncer la conception ethnique allemande du peuple, en faisant notamment référence à son livre "La bataille des langues en Europe". Madame Bollmann, ex-maître de conférence à l'Université de Paris XII et aujourd'hui retraitée y enseignait la civilisation germanique. Elle nous expliquera qu'elle est devenue bien malgré elle germaniste, ayant été orientée vers la langue de Goethe par ses professeurs en raison de sa seule qualité d'alsacienne. Depuis les années 1990, madame Bollmann traque la germanophonie alsacienne et surtout les conceptions ethniques qu'elle impliquerait. Elle signe à la même époque un manifeste sur "le retour du crapaud" et dénonce pêle-mêle la montée du FN et le mouvement autonomiste "rot un wiss". Ferdinand Moschenross, figure haute en couleurs de l'autonomisme alsacien, lui donne alors la réplique à l'occasion de débat animés à la librairie Kleber. Les lecteurs attentifs auront tout de suite remarqué la contradiction: le FN relève d'une filiation nationale, centralisatrice et jacobine, comme madame Bollmann, tandis que "rot un wiss" s'y oppose.

Selon madame Bollmann, le président du parlement européen lui même, Hans-Gert Pöttering serait partisan de droits en faveur de groupes collectifs. Na, und? Est ce suffisant pour le soupçonner de racisme? Pour madame Bollmann qui fait un grand bond, en lieu et place des intéressés, un grand bond des groupes collectifs à une conception brune de la politique, cela semble être suffisant. La notion même de droit à la différence ouvrant la porte à la différence des droits, est pour madame Bollmann problématique. Autre preuve de l'ethnicisme incorrigible des barbares allemands: "Volkswagen", la voiture du peuple, créée sous le national-socialisme, madame Bollmann est scandalisée que la marque n'ait pas changé de nom au lendemain de la seconde guerre mondiale. Je lui demande alors si elle soupçonne tous les conducteurs de Volkswagen d'être des nostalgiques du IIIe Reich, "mais bien sur que non" répond elle, en revanche sa suspicion se porte sur la "Gesellschaft für bedrohte Völker", créée à l'origine, nous dit elle, pour soutenir le Biafra! Comprend qui peut... Je suis intervenu de nombreuses fois, sans succès, pour savoir s'il était possible d'aborder le sujet annoncé: l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau. Madame Bollmann a seulement précisé, sans plus d'explications, que l'Eurodistrict serait bien sur allemand (sic) et que la coopération transfrontalière n'était pas possible en raison de la différence d'organisation administrative des communes des deux côtés du Rhin.

Madame Bollmann trouve enfin choquant que l'on puisse être "de gauche" sans être jacobin et selon elle Roland Ries, l'execution de Eulogius Schneider.jpginitiateur du projet actuel d'Eurodistrict, se discrédite en osant revendiquer une tradition girondine et non jacobine. Yvonne Bollmann nous lit alors un passage d'un livre de M. Ries qui lui fait dresser les cheveux sur la tête: "c'est bien à une gauche girondine, autochtone, attachée à défendre de façon pragmatique les spécificités de cette région, que les populations de cette région sont disposés à faire confiance, et non à une gauche nationale, jacobine, et anticléricale, pièce rapportée sur le tissu régional" (Roland Ries, L'Alsace et la gauche, Le Verger, 2007). Je lui fais alors remarquer que l'Alsace a souffert du jacobinisme, en guise de réponse, elle souligne qu'il y avait aussi à ses yeux de bons allemands, venus en Alsace défendre ce jacobinisme, comme ... devinez qui ? Comme Eulogius Schneider! Connu pour avoir amélioré le rendement des massacres jacobin en inventant la "fahrbare Guillotine", la guillotine ambulante qu'il transportait de village pour éradiquer le droit à la différence des alsaciens récalcitrants. Eulogius Schneider a également fini raccourci (photo de gauche). Cette phobie de la différence est malgré tout compréhensible voire cohérente si l'on se place dans  la logique du paranoïaque, en effet comme l'écrit François Roustang (in "Comment faire rire un paranoïaque?"), le parano craint la différence, mais la différence, madame Bollmann, c'est la vie! Cette logique portée à son terme sombre inévitablement dans la terreur et la répression de l'ennemi perçu radicalement différent, comme en France en 1793 et en Russie en 1917. Aristos, bourgeois, ou péquenauds  osant persister à parler la langue de leurs pères : même combat! Un participant au débat (en veste rouge près du miroir, photo ci-dessus) a alors témoigné des vestiges, dans la deuxième moitié du XXe siècle, de la terreur jacobine en décrivant les punitions corporelles qu'il subissait enfant s'il osait parler sa langue maternelle avec son propre frère, dans l'enceinte de l'école.

Pierre Hillard que l'on croyait reparti pour Paris est finalement réapparu vers 17h, heure à laquelle les débats devaient se terminer. Il a commencé à intervenir sur le projet allemand de domination de l'Europe par une Allemagne utilisant l'outil de la régionalisation.  Il n'était toujours pas question de l'Eurodistrict mais le discours de Pierre Hillard était au moins fluide, argumenté et illustré de sources vérifiables, mais j'étais fatigué d'avoir presque plus parlé que les orateurs, fatigué et surtout attendu. Je suis parti.

La vision obsessionnelle et fantasmatique de l'Allemagne de madame Bollmann et théorique et parisienne de monsieur Hillard (il écrit sur l'impérialisme germanique mais ne parle pas l'Allemand et connait très mal le pays) sont évidemment à des années lumières de la réalité allemande de la république fédérale d'aujourd'hui. Cette vision anachronique est proche de celle du provençal Charles Maurras qui avait traversé le pont de Kehl une fois dans sa vie. La repentance des années sombres et l'ouverture humaniste sur le monde sont quasiment la règle générale en Allemagne et la loi fondamentale veille efficacement à réprimer les nostalgiques de la grande Allemagne largement minoritaires et marginaux.

Nous constatons quant à nous que l'Alsace a connu, depuis le moyen-âge, des époques économiquement prospères et son apogée culturelle General de Gaulle et Adenauer.jpglorsqu'elle était un centre, un lieu de passage, et non le glacis stérilisateur tourné contre l'Allemagne de la France jacobine. "Berge trennen, Wasser verbindet", ne l'oublions pas, l'idéologie ne peut rien contre la géographie. Nous pensons que l'Alsace et Strasbourg sont  naturellement placés pour rayonner à l'est comme à l'ouest et qu'une Alsace coupée de la rive droite du Rhin est comme une pomme coupée en deux, cela saute aux yeux lorsque l'on regarde une carte géographique. Il est donc temps que Strasbourg reprenne sa place et son rôle sur le Rhin et ne soit plus cantonnée sur l'Ill. Nous pensons aussi que le bilinguisme alsacien est un atout inestimable à préserver, à sauver, à faire fructifier. Enfin,  nous savons qu'un Eurodistrict Strasbourg-Ortenau donnera à notre capitale européenne la masse critique qui lui fait aujourd'hui défaut et lui donnera aussi la force opérationnelle franco-allemande qui a toujours fait ses preuves, de Charlemagne jusqu'à la construction européenne.  Ce n'est pas un hasard si le général de Gaulle, visionnaire géopolitique s'il en est, et qui avait pourtant participé à deux guerres contre l'Allemagne, prépara la réconciliation franco-allemande dès avant la fin des combats, l'ancien prisonnier  de la prison d'élite d'Ingolstadt et futur chef d'Etat appela même en 1943 de ses voeux, à l'occasion d'une discussion avec l'archiduc Othon de Habsbourg, "la réunion des Francs de l'Ouest et des Francs de l'Est"! Attractivité et prospérité économique, rayonnement culturel, richesse linguistique et développement institutionnel international, tels sont les enjeux de l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau.

Henri de Grossouvre

 

13 janvier 2009

Libre compte rendu de l'intervention de M. VATANEN le 12 janvier 2009 à Strasbourg

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L'Association Parlementaire Européenne de Strasbourg et l'Association RETE-IHEE recevaient hier le député européen finlandais Ari Vatanen. RETE-IHEE est l'association des étudiants et anciens étudiants de l'Institut Européen des Hautes Etudes Européennes de Strasbourg dirigé par le professeur Eric Maulin qui se trouve être président du comité stratégique du Forum Carolus. A la demande d'un vice-président de l'association étudiante, le Forum Carolus avait publié l'affiche (voir ci-dessous) de la conférence sur son site de débat et avait invité ses membres et habitués intéressés par les questions stratégiques européennes et les relations avec la Russie. Le titre de l'intervention du député européen était en effet prometteur: "Les futures relations de l'Union avec le monde PESC/PESD: PSDC, OTAN, ONU".

L'ex champion de courses automobiles s'est aujourd'hui reconverti dans la politique européenne. Ari Vatanen avait été notamment champion du monde des rallyes en 1981 avec l'équipe Ford, après avoir été champion d'Angleterre. Monsieur Vatanen est député européen depuis 1999, année de son élection en Finlande sur la liste d'un parti finlandais conservateur. Il travaille alors d'abord surtout sur les questions liées aux taxes automobiles et aux règles de trafic. Ayant acquis une maison près d'Aix en Provence, il s'est alors présenté en France en 2004 et a été réélu. Il suit depuis lors les affaires étrangères de l'Union et prend régulièrement position sur les relations de l'Union avec la Russie et avec les Etats-Unis. Il est membre de la Commission des Affaires Etrangères du Parlement Européen et de la sous-commission défense et sécurité, présidée par M. Karl von WOGAU, par ailleurs membre du Comité de patronage du Forum Carolus.

Après avoir fait attendre plus d'une demi-heure le public réuni dans une salle du bel hôtel particulier situé 67 allée de la Robertsau, Ari Vatanen est intervenu pendant un peu plus de trente minutes. Il a commencé par avouer qu'il n'avait pas préparé cette conférence sur la politique mondiale de l'UE et a enchainé par l'éloge du bon sens et du pragmatisme en citant plusieurs fois comme référence la société Nokia (sic) et en donnant l'exemple suivant: "Quand vous avez un trou dans le toit de votre maison, vous ne commencez pas par faire refaire la moquette de vos chambres... eh bien en politique c'est différent !"

A suivi un relativement long discours sur les bienfaits de la démocratie, de la paix dans le monde, de la justice, de la dignité huimposteur.jpgmaine et des droits de l'homme. Ce discours général n'était pas illustré d'exemples liés au titre annoncé de l'intervention, ni construit autour d'un raisonnement quelconque qui aurait pu être, par exemple, sur ces questions essentielles, d'ordre philosophique pour les droits de l'homme, historique et/ou technique pour la démocratie, ou enfin programmatique pour la paix dans le monde.

Puis monsieur Vatanen s'est attardé sur le cas de la Russie en commençant par constater que ce pays était par essence totalitaire non sans avoir auparavant informé l'auditoire que sa mère était originaire de la partie de la Carélie rattachée à l'Union soviétique au lendemain de la seconde  guerre mondiale et que sa famille en avait beaucoup souffert. Ari Vatanen a alors également avoué qu'il ne s'était rendu qu'une fois dans sa vie, en compagnie de Michel Barnier, en Carélie russe, d'où est originaire sa famille maternelle, à moins de 70 km de l'endroit où il a grandi. Nous avons d'ailleurs ultérieurement appris en discutant avec lui, un verre à la main après la conférence, qu'il connaissait très mal la Russie et ne s'y rendait presque jamais. Il avait été pourtant annoncé lors de la présentation de l'intervenant par le président de l'association étudiante qu'Ari Vatanen prendrait position sur la crise gazière ukraino-russe. Le niveau d'argumentation de la diabolisation de la Russie était le même que celui de la défense de la justice et de la paix dans le monde: au pire inexistant, au mieux incantatoire. Lorsque le délégué général du Forum Carolus a demandé à Ari Vatanen d'éclairer sa lanterne sur la crise russo-ukrainienne, le député européen a alors répété qu'il était très mal de la part de la Russie d'utiliser la force pour faire pression sur son voisin, sans pouvoir citer aucun fait précis et trahissant ainsi son ignorance totale du dossier. Nous constatons par ailleurs que les informations sur la Russie se trouvant sur son site internet n'ont pas été renouvelées depuis au moins 2006 (on y parle de 2006 au futur).

Tous les participants avec qui nous avons discuté après la conférence, universitaires, écrivains, militaires ayant occupé des responsabilités dans des  postes de défense des ambassades françaises en Europe centrale et en Russie... étaient atterrés par le simplisme du discours et le niveau général de l'intervention. Autant de naïveté et d'angélisme prêteraient peu à conséquence chez un citoyen européen lambda, mais il se trouve que le député européen Vatanen, par ses discours, ses prises de positions et ses votes au sein du Parlement Européen, engage la sécurité et le sort de près de 500 millions d'Européens.

Or il nous semble que non seulement monsieur Vatanen n'est pas qualifié pour intervenir et légiférer sur la politique étrangère de l'Union mais qu'il y a même dans ses déclarations, à y regarder de plus près, une cohérence et une logique contraire aux intérêts de l'Europe. Comme les membres de l'Union opposés à la création d'un Europe Politique, pourtant conforme aux ambitions des pères de l'Europe, Ari Vatanen est partisan de l'adhésion de la Turquie à l'Union, c'est à dire d'un élargissement illimité diluant le pouvoir politique européen naissant. En revanche il s'exclame spontanément "nous avons besoin de gouvernance mondiale". Il fait donc partie de ce courant idéologique pour lequel il n'y a pas de projet européen spécifique, ce dernier n'étant qu'une étape vers un gouvernement mondial. Le patriotisme constitutionnel d'Habermas et Derrida relève de cette mouvance. S'il connait mal la Russie et ne s'y rend qu'exceptionnellement, il connaît en revanche bien les Etats-Unis et y voyage volontiers. Il a par exemple participé en 2005 à un séminaire à New-York organisé par la Commission des Affaires étrangères du Sénat des Etats-Unis: "Democracy in retreat in Russia", ses positions anti-russes sont sans doutes aussi issues de ce type de séminaires, il en a malheureusement oublié l'argumentaire en traversant l'Atlantique. S'il ne perd jamais une occasion de diaboliser la Russie ou de prôner l'adhésion de la Turquie, il n'oublie pas non plus d'insister sur l'importance du lien transatlantique (sans plus de raisonnement ni d'argumentation) et du rôle privilégié de l'OTAN. Il ne conçoit naturellement pas de défense européenne en dehors de l'OTAN. Il brise ainsi facilement une lance pour voler au secours de l'OTAN en se fendant d'une tribune dans les colonnes du célèbre quotidien new-yorkais Wall Street Journal dans laquelle il déclare qu'une Finlande membre de l'UE sans adhérer à l'OTAN équivaudrait pour une femme à être moitié enceinte! image délicate et riche en clés multiples (L'Europe attend d'être prise par les Etats-Unis...) Dans cette tribune il déclare, fidèle à son niveau de réflexion et d'argumentation: "Il est temps pour la Finlande de rejoindre l'OTAN (...) alors qu'en Russie la démocratie est en train de sombrer comme le Koursk" (consultable sur le site de M. Vatanen).

Malgré son sourire permanent et ses bons sentiments l'action de monsieur Vatanen au Parlement Européen est nocive, il défend en effet naïvement mais ardemment des positions opposées aux intérêts européens les plus évidents. Nous pensons quant à nous que la construction de l'Europe politique dont être prioritaire, que les relations avec notre voisin russe sont trop importantes économiquement, culturellement et politiquement pour être réduites à une diabolisation simpliste. Il nous semble enfin que les relations avec notre allié américain doivent être rééquilibrées d'urgence. Washington finance, avec l'épargne du reste du monde, d'imprudentes guerres servant à assurer son propre approvisionnement  énergétique, tout en instrumentalisant la démocratie, la paix et la justice en fonction de ses intérêts biens compris. Les pays européens, s'il s'engagent dans des actions militaires devant toujours demeurer l'alternative ultime, auront de plus en plus la possibilité de le faire en fonction de leurs valeurs et de leurs intérêts propres, pour peu qu'ils sachent le vouloir. En avril 2009 aura lieu à Strasbourg-Kehl le 1er sommet de l'histoire de l'OTAN organisé conjointement par deux pays membres. Les axes de travail du Forum Carolus tiennent leurs promesses...

Henri de Grossouvre

08 janvier 2009

12 janvier à 19.30 - Conférence de Ari Vatanen: Les futures relations de l'UE avec le monde

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