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14 décembre 2008

Bruno Le Maire à la rescousse du franco-allemand

Bruno Le Maire 1.jpgBRUNO LE MAIRE a été nommé vendredi 12 décembre secrétaire d'Etat aux affaires européennes. Même si la marge de manoeuvre de ce secrétariat d'Etat est limité par son ministre de tutelle, le ministre des affaires étrangère, il s'agit là d'une bonne nouvelle pour plusieurs raisons. Bruno Le Maire, avant d'être énarque est normalien, agrégé de lettres, et germaniste. Il est ainsi également un homme de culture, cela est devenu assez rare  parmi les responsables politiques de la Ve république pour être souligné. Sa ligne de politique étrangère est proche des positions gaulliennes classiques conformes aux intérêts de la France et de l'Europe. Nous avions été présenté lorsque nous étions étudiants par une amie commune qui avait décelé chez nous un profond intérêt commun pour la langue et la culture allemande: exotisme dans le microcosme parisien...

Début 2003, Bruno Le Maire, alors membre du cabinet du ministre des affaires étrangères, avait participé à la rédaction du retentissant discours de Dominique de Villepin du 14 février à l'ONU. Début 2002, un an avant que l'Allemagne, la France et la Russie adoptent des positions communes lors de la crise iraquienne, j'avais envoyé mon livre Paris-Berlin-Moscou au ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin qui m'avait d'ailleurs répondu très aimablement. Dominique de Villepin lit et a la réputation de se souvenir des auteurs qu'il croise... Villepin avait été par la suite le principal artisan de l'axe Paris-Berlin-Moscou dont les rencontres au sommet perdurent aujourd'hui encore.

Bruno Le Maire lors de sa nomination a rappelé son amitié pour Dominique de Villepin tout en soulignant qu'il serait loyal au président de la Villepin et Sarkozy.jpgRépublique. Cela est sans doute plus facilement conciliable aujourd'hui, car, paradoxalement, sur les questions de politique étrangère, le président Sarkozy, s'est dans la pratique rapproché d'une politique gaulliste. Nicolas Sarkozy bénéficie d'une excellente image en Russie et en Asie centrale grâce à son efficace intervention durant la crise géorgienne. Il reste la crise des relations franco-allemandes. Le président Sarkozy ne connait pas l'Allemagne et on a du mal à trouver dans son entourage des conseillers capables de combler cette lacune pourtant vitale pour la politique française et européenne. Espérons que le nouveau secrétaire d'Etat aux affaires européennes aura suffisamment de marge de manoeuvre pour relancer le moteur franco-allemand et qu'il saura voir que Strasbourg, la capitale européenne de la France, à l'heure de la crise, a toutes les raisons de retrouver son rôle millénaire de centre de gravité franco-allemand.

Henri de Grossouvre

 

 

 

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