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27 novembre 2007

Pour une armée européenne

A l'aune des usages de la force armée les plus récemment opérés par les pays européens, deux nouveautés saillantes ressortent. En termes de moyens, ces interventions sont de plus en plus collectives et rassemblent en général au moins plusieurs pays européens. Quant aux finalités, il s'agit le plus souvent d'opérations à vocation pacifique ou humanitaire non seulement affichée, mais aussi effectivement poursuivie. On est loin des siècles de la conquête coloniale, où la fin humanitaire proclamée poursuivait des objectifs réels de domination autrement plus prosaïques. Les démocraties occidentales d'Europe apparaissent désormais plus sincères, bien que plus prudentes, dans leurs engagements. Les opérations dans l'ex-Yougoslavie comme en Afghanistan en deviennent une sorte de modèle, non par leur succès qui n'est pas toujours au rendez-vous, mais par leur relative acceptation.

A contrario, les exemples de déploiement des forces armées européennes qui échappent à ce modèle s'avèrent soit sur le déclin, soit aller à l'encontre des opinions publiques. La France, longtemps gardienne de son pré carré africain, s'y fourvoie de plus en plus, comme en témoigne ces dernières années l'échec de son intervention en Côte d'Ivoire. De moins en moins de Français se reconnaissent dans les interventions auprès de régimes souvent douteux et pour défendre des causes peu évidentes ou contre productives, pour ne pas dire plus si l'on songe au Rwanda en 1994. Dépourvue de soutien populaire en France, cette politique à l'ancienne se heurte en Afrique à des forces militaires locales capables de s'opposer à une armée conventionnelle terrestre, même plus moderne, ou de lui infliger des pertes suffisamment dissuasives de nature à entraîner son retrait. Quant à la Grande-Bretagne, l'Espagne ou l'Italie, qui avaient choisi d'intervenir aux côtés des Etats-Unis en Irak dans le cadre d'une guerre directe "contre le terrorisme", elles eurent ensuite toutes les raisons de le regretter et de débattre à volonté des justifications maladroites du lancement de cette opération comme de sa prolongation.

Dans ces conditions, le maintien des armées nationales au sein de l'UE devient peu justifiable, alors même que les citoyens européens n'imaginent plus une guerre entre les membres de l'union et au fond militent plutôt pour un même type d'intervention. La persistance de budgets de la défense distincts condamne les Etats européens à des ambitions d'équipement modestes voire lilliputiennes. Elle empêchent d'amortir en volume des biens par définition très sophistiqués et onéreux à concevoir, indépendemment même de la culture du secret qui les entoure. La gabegie paraît dès lors évidente. L'exemple des Etats-Unis, qui avec un budget double de celui de l'UE disposent d'une puissance décuplée, est là pour le rappeler cruellement. Tout plaide donc pour le rassemblement en une seule et même armée des forces militaires européennes.

Cela, ne signifie pas pour autant une disparition des unités ou des traditions nationales. A Strasbourg, l'Europcorps en est une illustration intéressante. Chacun parvient en effet à y préserver son identité. Les soldats conservent ainsi les drapeaux, les uniformes ou le rythme des pas des armées nationales dont ils sont issus. Cela ne les empêche nullement de s'exercer ou de combattre derrière une même bannière. Par contre, l'armée européenne suppose un minimum d'adaptations:

  • la mise en place de règles hiérarchiques et techniques, de langage et de codes communs, ce qui fonctionne déjà sur le terrain pour de nombreuses opérations;
  • la création d'un état-major européen unique et d'une chaîne de commandement le reliant à l'ensemble des unités, mais après tout cela a d'ores et déjà été réa lis é pour l'essentiel par la plupart des pays européens, qui se retrouvent au sein du commandement intégré de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN): ce qui est acceptable en termes de souveraineté vis à vis d'une alliance militaire dominée par les Etats-Unis, l'est a fortiori au profit d'une union plus restreinte à vocation fédérale entre des pays européens déjà plus étroitement liés par leurs choix, leurs droits et leurs politiques publiques;
  • l'affirmation d'une autorité politique légitimée directement ou indirectement par le suffrage universel commandant cet état-major; le parlement européen, comme le haut-représentant de la politique étrangère et de sécurité commune ou les présidents de l'union ou de la commission forment déjà les pierres de cette autorité politique commune: il convient de les assembler pour bâtir un pouvoir décisionnel adapté à tous les usages possibles des forces armées, et bien sûr démocratiquement contrôlé.

Au fond, ces changements ne constituent pas une révolution. Il s'agit simplement de tirer les conséquences logiques des impuissances ou des dysfonctionnements actuels. Personne ne peut aller contre la recherche de l'efficacité et de l'efficience au profit des citoyens européens, vers laquelle les obstacles et circonstances de l'actualité poussent déjà naturellement les pays de l'UE les plus intégrés. Dans les faits, l'unification des armées européennes est déjà en marche, car c'est leur seule évolution rationnelle. Il ne reste plus qu'à l'assumer publiquement devant une opinion qui y est préparée.
 
                        Frédéric Le Jehan
                        Conseiller municipal UDF de Strasbourg
                        Conseiller de la Communauté urbaine

 

26 novembre 2007

Débat "Mais que veut l'Europe?" à Budapest animé par Peter Balasz

Le Forum Carolus a le plaisir de vous convier au débat "Mais que veut l'Europe?" qui aura lieu le jeudi 29 novembre à 19h à l'Institut Français de Budapest. Le débat, centré autour du livre "Pour une Europe européenne, une Avant-garde pour sortir de l'impasse", sera animé par M. Peter Balasz, ancien commissaire européen. Les autres intervenants seront M. François Loos (député, ancien ministre délégué à l'industrie), M. Janos Perenyi (ancien ambassadeur de Hongrie auprès du Conseil de L'Europe), M. Eric Maulin (directeur de l'IHEE de Strasbourg) et M. Henri de Grossouvre (directeur du Forum Carolus).
Pour plus d'informations télécharger Invitation Debat Europe Budapest 29 nov[1].fr.pdf ou Invitation Debat Europe Budapest 29 nov[2].hong.pdf.

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Rencontre du Consul d'Allemagne

« Strasbourg International Club », a le plaisir de vous inviter à la rencontre de Bruno Brommer, Consul général d’Allemagne. Elle aura lieu le mercredi 12 décembre à 19h30 au Tie-Break, restaurant du Tennis Club de Strasbourg (30, rue de Coubertin- 67 000 Strasbourg- Tél : 03 88 45 78 776- Parking attenant).Pour des questions d’organisation, merci de vous inscrire par retour de mail: johnexum@gmail.com. Frais de participation : 25 € en votre aimable règlement sur le lieu et à l’ordre du restaurant.
Pour plus d'informations veuillez télécharger Invitation 12 decembre Consul Allemagne.pdf.

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21 novembre 2007

POUR UNE EUROPE EUROPEENNE, UNE AVANT-GARDE POUR SORTIR DE L'IMPASSE

Henri de Grossouvre   Pour une Europe européenne - Une Avant-garde pour sortir de l'impasse
Xenia 2007 /  17 € - 111.35 ffr. / 191 pages
ISBN : 978-2-88892-037-3
FORMAT : 15,0cm x 21,5cm

L'auteur du compte rendu : Juriste, essayiste, docteur en sociologie, Frédéric Delorca a dirigé, aux Editions Le Temps des Cerises, Atlas alternatif : le monde à l'heure de la globalisation impériale (2006).

La «fin de l’Histoire» n’ayant finalement eu qu’un temps, les peuples de notre époque de plus en plus tentent de se réapproprier leur passé pour se construire un avenir. Telle est la tâche à laquelle s’atèle parmi d’autres, en Europe, le «Forum Carolus», un think tank basé à Strasbourg et dirigé par le publiciste Henri de Grossouvre.

Partant du double constat selon lequel l’Europe indéfiniment élargie risque de noyer tout projet politique dans une zone de libre-échange mou et que l’Empire américain, sur le déclin, ne peut plus rien proposer à l’Europe, l’ouvrage collectif que ce groupe publie chez Xenia sous le titre Pour une Europe européenne propose un option originale pour notre continent : une intégration politique dans les frontières de l’ancien empire carolingien (France-Allemagne-Belgique-Luxembourg-Autriche augmenté de la Hongrie, à l’exclusion des Pays-Bas, pour des raisons politiques qui auraient du reste gagné à être mieux explicitées).

L’idée ne sort pas du néant. Voilà quelques années que le projet de «noyau dur», ou d’«Europe à plusieurs vitesse» circule dans les débats. La création de la zone euro et de l’Espace Schengen participe de cette logique. L’intérêt de la proposition du Forum Carolus est de formaliser concrètement cette «avant-garde» institutionnelle possible, dans les domaines de la défense, de l’énergie de la recherche scientifique. Comme le fait remarquer Henri de Grossouvre dans sa propre contribution au livre, d’une certaine façon l’échec du Traité constitutionnel européen, rejeté par référendum par la France et les Pays-Bas en 2006, ouvre une chance à l’option «avant-gardiste», tandis que la dynamique économique de l’axe rhénan plaide fortement pour la viabilité du projet.

La volonté de repenser une Europe politique autour de l’héritage carolingien marque aujourd’hui une rupture avec l’utopie d’une Europe abstraite, dé-territorialisée, aux frontières évanescentes et atemporelle. Elle renoue avec les fondamentaux de la science politique qui articulent l’action publique aux États et aux territoires. En rompant avec les Iles britanniques (exclues de cette «avant-garde» potentielle), le projet fait le choix clair d’une intégration continentale cohérente qui, en fermant la voie à l’hégémonisme états-unien, ouvre sur une collaboration avec la Russie et l’ensemble de l’Eurasie (H. de Grossouvre dirige par ailleurs l’association Paris-Berlin-Moscou).

On peut cependant s’interroger sur le modus operandi concret de la construction politique qui nous est ici proposée. S’agit-il dans un premier temps d’un simple programme expérimental inter-étatique sur le modèle du Corps européen par exemple, ou d’emblée d’un embryon d’Etat au sein de l’Union ? S’il s’agit d’un futur Etat, sa structure est-elle envisagée sur un mode centralisé ou fédéral (le livre fait beaucoup référence à des réseaux, ce qui semble faire pencher la balance plutôt vers la seconde option) ? Quelles seraient les relations de cette structure avec l’Union européenne et les autres organisations multinationales comme l’OTAN, le Conseil de l’Europe, l’OSCE ? Enfin, on eût aimé aussi que cet ouvrage fournisse une piste sur les moyens de susciter l’adhésion populaire à pareil projet, et notamment de surmonter les obstacles culturels (en particulier linguistiques) persistants qui séparent l’ensemble germanique du bloc francophone.

Le présent ouvrage a au moins le mérite d’ouvrir une piste stimulante pour la réflexion et le débat, à l’heure où l’évolution institutionnelle de l’Europe se trouve à la croisée des chemins.

Frédéric Delorca

article initialement publié sur Parutions.com

 

12 novembre 2007

LANCEMENT DU LIVRE « POUR UNE EUROPE EUROPEENNE. UNE AVANT-GARDE POUR SORTIR DE L’IMPASSE » DU 6 NOV. 2007

02442e1a0686c5384c99b931b6691f1d.jpgLe 6 novembre à la Librairie Kleber à Strasbourg nous avons eu le plaisir d’assister au lancement du livre Pour une Europe européenne. Une avant-garde pour sortir de l’impasse sous l’égide du Forum Carolus.
Cet événement a été l’occasion de mener un débat autour de l’impératif d’une relance de la construction européenne par la création d’une avant-garde sur la base d’un « noyau dur » franco-allemand. Cette démarche est fondamentale pour ne pas aboutir à une impasse et relever le défi des alliances stratégiques permettant à l’Europe de renforcer sa souveraineté.

Slobodan Despot, le directeur de la maison d’édition Xénia, a fait le lien avec le précédent livre de Henri de Grossouvre Paris-Berlin-Moscou, la voie de l’indépendance et de la paix, publié en 2002, et dont cet ouvrage est d’une certaine manière la continuation. L’auteur, directeur du Forum Carolus, a renchéri d’ailleurs en parlant des « 2 facettes de la même médaille » car on retrouve dans ces 2 livres la thématique de l’Europe politique et de la coopération stratégique avec des tiers. 

« Europe européenne » : Ce sous-titre apparemment tautologique fait référence à une expression 7844ad1bb19e7d540e427a486ddd4fb1.jpggaullienne englobant la notion d’Europe politique vers laquelle il faut œuvrer, une Europe indépendante, qui peut mener sa propre politique conformément à ses intérêts.

Deux alternatives se présentent à nous: l’Europe marché ou bien l’Europe politique. Si l’on opte pour la deuxième il y a une seule solution: se donner les moyens de construire une Europe à part entière et dont on connaît les frontières avec les pays qui en sont capables.

A l’heure actuelle, face à l’échec du Traité constitutionnel européen, après un élargissement à 27 et l’adoption du traité réformateur, il est impossible d’aller plus loin politiquement. Il s’ensuit que la mise en place d’une avant-garde de pays s’impose pour prendre des initiatives sur les questions vitales de l’Europe comme la défense, l’énergie et la recherche scientifique. Actuellement un groupe de 6 pays pourraient partager cette vision (France, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Hongrie et Autriche) mais la porte est ouverte aux pays souhaitant les rejoindre.

De surcroît, Henri de Grossouvre a accentué la nécessité pour l’Europe de compter sur elle-même pour la défense de ses intérêts vitaux.

4292944c951457859bebadd403f3212f.jpgPour sa part, l’analyste Hajnalka Vincze a tenu à clarifier 2 notions :

-le terme « européen » prenant le sens de supranational ne doit pas occulter le sens premier désignant ce qui est spécifique à l’Europe sous peine de minimiser toute possibilité de défense de l’indépendance et de la puissance européenne.

-le terme de souveraineté, fil conducteur du projet d’avant-garde, implique aussi bien la liberté de décision du citoyen que l’autonomie de l’état, deux dimensions qui sont inextricablement liées.

Du fait de sa dépendance par rapport aux Etats-Unis, « l’Europe a un intérêt primordial à préserver une marge de manœuvre autonome ». Par conséquent, il faut « croire en l’Europe indépendante, l’asseoir sur la base d’une légitimité réciproque et inscrire ce partenariat transatlantique dans la durée ».

57e4fc64d852a961fdb7016719a58d8b.jpgFrançois Loos, député et ancien ministre délégué à l’industrie, initiateur du Forum Carolus, a préfacé cet ouvrage. Il a mis en avant la nécessité de penser l’Europe en Alsace, tout en se réjouissant du fait que le Forum Carolus réfléchit l’Europe autrement que d’autres think tanks et surtout pense l’Europe « de » Strasbourg.

Comme l’a fait remarquer Eric Maulin, directeur de l’IHEE de Strasbourg, le projet proposé dans ce livre représente « une alternative au développement de l’UE qui fait preuve d’une certaine empathie » par le truchement de la constitution d’une avant-garde et d’une coopération renforcée. En corollaire, la souveraineté européenne est quelque chose qui se constate à partir d’une volonté de vivre ensemble ; « sans la volonté commune toute construction européenne ne serait qu’une vaste prison ».15cde74d5887eaddaea0765d18deff98.jpg

Néanmoins, Henri de Grossouvre s’est interrogé sur le manque d’une réflexion véritable sur l’Europe à Strasbourg, le Forum Carolus étant le seul think tank strasbourgeois alors qu’il y en a des dizaines à Bruxelles.

Ce lancement, qui s’est déroulé dans une ambiance détendue, a suscité le vif intérêt de l’auditoire et a fait salle pleine. Les réactions appréciatives et le débat stimulant qui s’est ensuivi incitent à réfléchir sur l’avenir et le devenir de l’Europe.

Ici, à Strasbourg, ville en deçà et au-delà de l’UE, ce projet ambitieux et crédible fait rêver et nous caressons l’espoir qu’un jour il deviendra réalité.

4438c753f18ae7e5b4eecc2728857b05.jpgSorina Bobu, stagiaire au Forum Carolus, Strasbourg le 12 novembre 2007

11 novembre 2007

RENCONTRES DE L’ISEG STRASBOURG, le 15 nov. 2007

Dans le cadre des rencontres de l’ISEG de Strasbourg s’est tenue, le 15 novembre 2007, une conférence organisée par l’APUIE (Association pour la Promotion et l’Utilisation de l’Intelligence Economique) en partenariat avec le Forum Carolus.
L’intervenant, Pierre Bourguignon, est consultant en développement stratégique et commercial. Il a donné une conférence intitulée « Comment développer votre activité grâce à votre réseau relationnel ? ».

Le réseau est fondamentalement un accélérateur de rencontres et d’opportunités. Plus qu’un outil de travail, il consiste en une attitude à adopter, un savoir-être dont le catalyseur est l’ouverture aux autres. Il faut « repérer et se faire repérer, solliciter et être sollicité par les autres ». C’est uniquement à ce prix qu’il est possible de faire émerger des opportunités.
L’articulation clé d’un réseau est  « gagnant-gagnant » — et non « donnant-donnant ». Point important, la dynamique d’un réseau part d’un principe inéquitable : dans un premier temps,  il convient de donner beaucoup plus que ce que l’on estime être en droit d’attendre en retour. Si les réseaux constituent « des outils efficaces et rapides », ils le sont surtout « pour des gens peu pressés ».

Un réseau est sous-tendu par des valeurs communes. Il ne peut perdurer qu’à condition d’être animé. P. Bourguignon souligne que le respect des règles de courtoisie est un facteur crucial pour dynamiser un réseau. De plus, l’évolution du marché du travail se concrétise par un besoin de veille permanente et de nouvelles alliances.

 Les qualités essentielles d’un bon « réseauteur » sont résumées dans le profil type dressé par P. Bourguignon : proactivité, détermination, enthousiasme, objectifs clairs et précis, amabilité, diplomatie, faculté de donner avant de s’attendre à recevoir.

En guise de conclusion, on notera que l’existence de chacun d’entre nous est déterminée par une multitude de réseaux subis ou contrôlés ; arriver à les maîtriser est finalement une véritable leçon de vie.

 

Sorina Bobu, stagiaire du Forum Carolus, le 19 novembre 2007