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24 juin 2006

La France et l'Allemagne: Une mission globale de paix

medium_jung_alliot_security_2006-s.jpgDans le contexte du Conseil européen des 15 et 16 juin, les ministres français et allemand de la défense, Michèle Alliot-Marie et Franz Josef Jung ont publié une tribune commune dans le Figaro et le Tagesspiegel dans laquelle ils rappellent que les forces armées européennes ont une mission globale de paix. La coopération des deux Etats est centrale dans l'envoi de forces armées européennes dans le cadre de la mission EUFOR en République Démocratique du Congo. > Lire la tribune entière...

Commentaires

Il semble qu'il y a un sujet dont il faudra un jour discuter les yeux dans les yeux avec les Allemands : l'avenir de l'Etat-Nation.
L'Etat franco-allemand oui. Les Etats-Unis des régions et lander européens, non.

http://www.communautarisme.net/Pierre-Hillard-La-constitution-europeenne-officialise-le-fait-ethnique-_a372.html

Y a-t-il un plan allemand pour anéantir le jacobinisme à la française, ce qui revient à terme à détruire la France, ou les propos de Pierre Hillard relèvent-ils de la paranoïa aiguë ?
Qu'en pense le Forum Carolus ?

Écrit par : Pilum | 27 juillet 2006

Non, je ne pense pas qu'il y ait un plan allemand pour détruire le jacobinisme à la française, penser de la sorte me semble anachronique et révèle une méconnaissance de la réalité politique allemande contemporaine. Les Allemands ont de toutes façons bien d'autres priorités, notamment économiques et démographiques.

Concernant les Etats-Nations et les Régions, il n'y a pas, me semble t-il, d'antagonisme radical. La seule question qui me semble pertinente est celle de la souveraineté européenne encore à inventer, elle pourrait passer par une union à base franco-allemande, c'est à dire que si des pays comme la France et l'Allemagne procèdent à des abandons/transferts de souveraineté, il faut que cela se fasse en faveur d'une organisation dont ils connaissent la forme et les buts, qu'ils sachent pourquoi et comment ils le font.

Carolus

Écrit par : Carolus | 28 juillet 2006

Pour concrétiser une union politique franco-allemande (et plus si affinité), il suffit a priori d'un gouvernement central en charge de la politique étrangère et ayant à sa disposition une armée unique, le reste relevant de l'intendance (la monnaie et le commerce extérieur étant déjà pris en charge par l'UE).

Cela dit, je crois qu'une récente réforme a donné encore plus de pouvoirs aux régions allemandes par rapport à l'Etat central. C'est bien le droit de l'Allemagne d'organiser ses pouvoirs publics comme elle le souhaite mais son fédéralisme interne ne regarde qu'elle.
N'oublions pas que la nation allemande existait avant l'Etat, alors que la nation française est une création purement politique de l'Etat central parisien, tout régime confondu.

Le fédéralisme n'est pas une fin en soi, ce n'est qu'un système d'organisation des pouvoirs déterminé le plus souvent par des circonstances historiques. C'est une erreur qui est souvent faite par les tenants du fédéralisme européen, qui ont tendance à confondre le but (l'union politique de l'Europe) et le moyen (la création d'une entité fédérale pour regrouper les Etats-Nations volontaires).
Il est bien évident qu'un Etat européen (le but) ne pourra être que fédéral (le moyen). Les Nations ainsi fédérées resteront cependant organisées comme elles l'entendent :
- jacobinisme plus ou moins décentralisé pour la France ;
- fédéralisme poussé pour l'Allemagne ;
- disparition accélérée de l'Etat central en Belgique, Espagne, Italie, sous les coups de boutoirs d'irrédentismes régionaux parfois douteux (la Padanie...) et toujours essentiellement motivés par des questions budgétaires : les régions pauvres sont rarement indépendantistes.

Toutes ces situations sont des legs de l'histoire et ne traduisent pas une irrésistible modernité consistant en une parcellisation systématique des sociétés (sur des bases géographiques, culturelles ou ethniques), mais uniquement le degré de maturité atteint par ces Etats-Nations, parfois tout simplement trop faibles pour survivre à la mondialisation, car trop jeunes ou trop artificiels.

Quant à la France, vieil Etat millénaire à qui on ne la fait plus, espérons qu'elle ne subira pas ce sort.

Écrit par : Pilum | 28 juillet 2006

Les commentaires sont fermés.