Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23 février 2006

Rencontre Merkel-Sarkozy

Discours sur l'Europe de M. Sarkozy à Berlinmedium_merkelsarkozy.jpg

Les journaux évoquent le déplacement à Berlin du ministre de l'Intérieur venu rencontrer son homologue, M. Schäuble, ainsi que la chancelière, Angela Merkel, et se concentrent sur le discours prononcé devant la Fondation Konrad Adenauer et l'institut de recherche sur les relations internationales DGAP. La presse en retient principalement trois éléments : le constat d'échec du traité constitutionnel (" Sarkozy déclare la mort de la constitution européenne ", Berliner Zeitung) et " l'opposition à un nouveau référendum " (Frankfurter Allgemeine Zeitung), la question des frontières de l'Europe (" Sarkozy exige des barrières pour les candidats à l'élargissement ", Financial Times Deutschland) et enfin le rôle moteur que devraient jouer les six grands pays d'Europe pour relancer l'UE (Die Welt, Tageszeitung). Sous le titre " les frontières de l'Europe ", le quotidien Die Welt publie par ailleurs de très larges extraits du discours de M. Sarkozy en mettant en exergue la phrase suivante : " le moteur franco-allemand a besoin de renfort : un noyau de six Etats doit relancer l'UE ".

Source : www.diplomatie.gouv.fr

Commentaires

Le constat et les propositions de Sarkozy sont de bon sens mais traduisent aussi une hostilité définitive à tout idée d’avant-garde fédérale. S’il devient notre président en 2007, il faut savoir que cette position sera la nouvelle politique européenne de la France : plus près des anglo-saxons, plus loin de l’Europe-puissance. Au moins avec lui, comme toujours, le choix est clair.
L’autre choix possible est celui exposé, entre autres, par le premier ministre belge Verhofstadt : les Etats-Unis d'Europe autour d’un groupe pionnier, qui est tout sauf le G6 de Sarkozy.

Derrière des discours qui ne divergent en apparence que sur le moyen d’arriver au même résultat (le pragmatisme d’un côté, le big-bang de l’autre) se déroule en réalité une guerre idéologique fondamentale dont la France, contre toute attente, est aujourd’hui le champs de bataille principal.
L’un des deux camps sera vaincu aux présidentielles de 2007 et il est probable que personne ne s’en apercevera sur le moment car l’Europe sera comme d’habitude absente des débats, sauf pour parler de la dernière directive polémique sur la chasse ou les quotas de pêche.

Écrit par : Pilum | 24 février 2006

Tout à fait d'accord avec Pilum, voir cet article :
http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=4388

Extrait :
[...]
Dans la lignée directe de Joshka Fischer, Guy Verhofstadt appelle en effet à la création d’un «noyau dur», composé des Etats souhaitant poursuivre l’intégration politique. Tout en restant ouvert à tous, ce noyau dur se structurerait autour des onze pays membres de la zone euro. Ce qui exclurait donc a priori la Grande-Bretagne, jamais citée en tant que telle (l’auteur la désigne un moment comme «l’allié le plus fidèle des Américains au sein de l’UE »), au même titre que les pays de l’Est.

Autour de ce noyau dur «politique» (les Etats-Unis d’Europe) graviterait une «organisation des Etats européens», composé des Etats-membres qui souhaitent que l’Europe se cantonne aux fonctions qu’elle remplit actuellement (assurer la paix et être une zone de libre-échange). A juste titre l’auteur souligne qu’une telle organisation permettrait de résoudre le dilemme de l’élargissement, qui est continuellement perçu comme un obstacle à un approfondissement politique.
[...]

Écrit par : Rolling | 26 février 2006

A lire également cet interview de Guy Verhofstadt :
http://www.euronews.net/create_html.php?page=detail_interview&article=343720&lng=2
ou http://minilien.com/?4uDlK2pgae

Écrit par : Rolling | 26 février 2006

La question est : qui va répondre à la Belgique ? Certainement pas le gouvernement allemand. Peut-être Chirac, qui avait annoncé des propositions audacieuses sur l’Europe pour sortir de la crise (au demeurant c’est sa dernière chance de laisser une trace quelconque dans l’Histoire).

Après tout pour faire un Etat européen, juridiquement, deux pays volontaires suffisent.
Pourquoi pas une déclaration franco-belge (et luxembourgeoise sans doute) annonçant d’ores et déjà un calendrier pour réaliser ces Etats-Unis d’Europe, avec une date butoir suffisamment rapprochée pour que l’opération soit prise au sérieux, et assez éloignée pour qu’un maximum de participants naturels aux EUE (Allemagne, Pays-Bas, Italie...) aient le temps de digérer l’idée et de s’y rallier pour le jour J. Ou peu de temps après.
En revanche, l’idée de prendre la zone euro comme base de départ des EUE est illusoire : elle est beaucoup trop vaste et hétérogène, c’est l’échec assuré. Le Royaume-Uni n’est pas le seul opposant à l’Europe politique. Mais Verhofstadt en est sûrement le premier conscient.

Les EUE sont le dernier saut qualitatif de la construction européenne. Il ne sert à rien d’attendre un hypothétique « moment idéal » pour l’effectuer, il faut que deux gouvernements osent le dire et le faire, en laissant la porte ouverte aux autres. La Belgique est prête : 50% des conditions sont remplies...

Écrit par : Pilum | 27 février 2006

Je doute également qu'il soit possible de commencer avec la zone euro. La lettre d'euraction devrait vous intéreresser : http://www.euraction.org/lett/LF388.pdf

Extrait :
[...]
Pour ces pays, en premier lieu pour la France et la Belgique, le problème n’est pas de savoir s’il est nécessaire de créer une avant-garde au sein de l’Union européenne mais plutôt comment, quand et avec qui elle devra se produire.
[...]

Et si vous voulez consulter les anciennes lettres :
http://www.euraction.org/Tools.htm#anchor105852

Écrit par : Rolling | 27 février 2006

Les commentaires sont fermés.